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JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME RURALE 2001 “La Paix pour les Femmes Rurales pour atteindre la Sécurité alimentaire” Kampala, Ouganda, 15 17 octobre 2001 Déclaration à l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale de la Femme Rurale et de la Journée Mondiale de l’Alimentation. Mme Hilda Stewart, Présidente Mondiale de l’Union Mondiale des Femmes Rurales Thèmes : accès aux matières premières et aux ressources agricoles, sécurité alimentaire et nutrition, éducation, représentation des femmes dans les structures gouvernementales, et lutte contre le VIH/sida L’Union Mondiale des Femmes Rurales (UMFR) est la plus grande organisation internationale de femmes rurales et de femmes au foyer. Elle compte, dans 70 pays du monde, plus de neuf millions de membres dont la majorité tirent leur subsistance de l’agriculture. L’UMFR a pour but d’améliorer le niveau de vie des femmes, de leur famille et de leur collectivité, grâce à un réseau mondial de projets d’envergure locale ou de défense de leurs droits. L’UMFR intervient activement dans les projets suivants : développement durable, formation et développement agricoles, micro-crédit et formation de revenu, nutrition et santé (notamment prévention du VIH/sida et éducation en la matière), alphabétisation, questions environnementales, et accès à de l’eau pure et à l’hygiène. L’UMFR a un statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) depuis 1947. Les sociétés membres de l’UMFR célèbrent tous les ans la Journée mondiale de la femme rurale et la Journée mondiale de l’alimentation dans le monde entier. Quoique l’agriculture soit généralement considérée comme un métier d’homme, les femmes assurent plus de 50 % de l’ensemble de la production alimentaire (55 % dans le monde en développement, et environ 80 % en Afrique) ; pourtant, elles n’ont guère leur place dans la prise de décisions et la direction des projets communautaires. L’UMFR, l’une des instigatrices de la Journée Mondiale de la Femme Rurale en 1995, exhorte les pouvoirs publics, les organes des Nations Unies et les organisations donatrices de reconnaître le potentiel et l’expertise extraordinaires des femmes dans le domaine de la production alimentaire et, par le fait même, dans la concrétisation de la sécurité alimentaire mondiale. L’UMFR croit que si l’on veut assurer la sécurité mondiale, les agricultrices traditionnellement marginalisées doivent être pleinement intégrées dans le cycle de la production pour garantir la durabilité de l’agriculture. Il faut leur donner accès aux terres, au crédit, à la technologie, à la formation et aux services de vulgarisation agricole. Aujourd’hui, les femmes mènent une vie très différente de celle de leurs mères et grand-mères. Elles doivent de plus en plus relever le défi d’assurer le revenu du foyer en même temps que la production alimentaire, tout en élevant leurs enfants, en assurant la collecte du combustible et de l’eau, et en s’occupant des malades et des personnes âgées. Malgré la croissance solide de l’économie mondiale, la faim et la pauvreté continuent de sévir. Dans le monde entier, encore bien des gens se couchent le soir sans avoir mangé, se réveillent sans espoir et vivent au jour le jour sans perspective d’amélioration de leur sort. L’UMFR perçoit donc des besoins urgents sur plusieurs plans : · mettre sur pied un plan global visant à améliorer l’agriculture au profit de tous, qui devrait porter sur la production alimentaire, l’agriculture biologique (réduction de l’emploi des pesticides), la consommation d’énergie, la gestion de l’eau (conservation, irrigation, recyclage), l’amélioration de la technologie (cultiver des végétaux pour améliorer la qualité du sol et offrir de hauts rendements), formation de groupes de conservation de la terre, diversité des cultures agricoles, entreposage et distribution des aliments, banques de semences; · veiller à ce que l’avancement social et économique des femmes rurales soit inscrit dans tous les plans nationaux; · mobiliser la volonté politique à tous les niveaux pour cibler les femmes rurales comme participantes et bénéficiaires de tous les programmes, politiques et projets de développement; · créer pour les femmes rurales des débouchés qui leur permettent d’occuper des postes de direction, les faire participer à la prise de décisions concernant la manière de dépenser les budgets, et leur confier des projets communautaires; · envisager la sécurité alimentaire comme un souci commun qui se résoudra si tous les pouvoirs publics, organismes, bailleurs de fonds et ONG l’envisagent dans une optique intégrée. La faim et la pauvreté ne sont pas les seuls défis que nous pose le monde d’aujourd’hui. Les progrès de l’humanité au fil des siècles ont engendré d’autres problèmes. Le plus grand défi de tous est celui de l’épidémie de VIH/sida une énorme menace qui risque d’entraîner une destruction et une misère humaines à grande échelle. Il est difficile de saisir l’énormité de la situation, mais il faut de toute urgence souligner la gravité du problème : les victimes innocentes sont les enfants; certains d’entre eux héritent de cette maladie dès leur naissance, par transmission de la mère à l’enfant… Dans bien des pays, les coutumes et les traditions relèguent les femmes à un rôle subalterne, tant chez elles que dans leur milieu, rendent ces femmes vulnérables, et elles n’ont pour ainsi dire pas accès aux soins de santé les plus élémentaires quand cette infection les frappe. Le VIH/sida est un énorme problème pour le bien-être futur de la fillette. La prostitution des enfants, facteur important du VIH, découle souvent du besoin de ressources tout à fait élémentaires qu’éprouve une famille pour nourrir et loger tous ses membres. L’inceste, la transmission de la maladie par les hommes aux enfants sont à la hausse, parce que certains hommes croient que les jeunes filles vierges vont les guérir. Les victimes des deux sexes et de tous âges sont alors stigmatisées et ostracisées et, une fois infectées, elles subissent également la violence physique. À cause du VIH/sida, plus de 13 millions d’enfants orphelins vivent avec des ressources on ne peut plus maigresii. Les organisations de femmes de tous niveaux ont l’occasion et la responsabilité de contribuer à endiguer et à enrayer l’épidémie mondiale de VIH/sida, et elles doivent recourir à leurs moyens de pression pour sensibiliser les pouvoirs publics aux effets néfastes du VIH/sida et à la manière dont il entrave les efforts de développement, qu’ils soient déployés par les pouvoirs publics ou par les ONG. Alarmée par l’accélération et l’amplification de la crise du sida, l’Assemblée générale des Nations Unies a convoqué en novembre 2000 une session extraordinaire sur le VIH/sida tenue du 25 au 27 juin 2001, au niveau politique le plus haut qui soit, aux fins de combattre l’épidémie et de mobiliser les ressources nécessaires dans le monde entier. Jamais auparavant une activité internationale de cette envergure n’a fait l’objet d’une aussi courte période de préparation. Il a donc fallu que ceux qui désiraient intervenir réagissent avec le même sentiment d’urgence. La Déclaration d’engagement sur le VIH/sida qui en a découlé est d’une grande ampleur, et elle mise sur les progrès si laborieux des récentes rencontres mondiales sur les droits, le statut, la santé et le bien-être des femmes et des filles, sans oublier les engagements pris au chapitre du VIH/sida. La prévention demeure le pilier de ce document, et l’objectif fixé pour 2006 exige une réduction de 20 % du nombre d’enfants séropositifs dès la naissance. L’administration d’un traitement efficace aux femmes infectées vise à réduire de 50 %, d’ici à 2011, la transmission du VIH de la mère à l’enfant et, du même coup, le nombre des enfants ainsi atteints de ce virus. Les débats de la 45e séance de la Commission des Nations Unies sur la condition féminine en mars 2001 ont confirmé que la proportion des femmes atteintes du VIH est en hausse, les adolescentes étant cinq ou six fois plus touchées que leurs homologues masculins. Dans les régions où les besoins se font les plus criants, les coutumes et attitudes traditionnelles d’une part, et la pauvreté d’autre part font en sorte que les femmes et les filles ne sont pas en position d’avoir des relations sexuelles sans risques et, une fois infectées, elles ne reçoivent ni les soins ni le soutien nécessaires. La mise en œuvre de la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida dépend de l’action et de la coordination des efforts qui seront déployés par les États, le système onusien et par les gens du monde entier. De toute évidence, les organisations de femmes ont l’occasion et la responsabilité d’intervenir à tous les niveaux. Pénétrée de l’urgence que présentent l’épidémie mondiale de sida, son accélération rapide et ses effets dévastateurs, l’UMFR appuie fortement les conclusions de l’assemblée générale des Nations Unies, de la séance extraordinaire sur le VIH/sida tenue du 25 au 27 juin 2001, ainsi que la Déclaration du Sommet du millénaire des Nations Unies de septembre 2000. Lors des trois dernières conférences triennales de l’UMFR en Nouvelle-Zélande (1995), en Afrique du Sud (1998) et au Canada (2001), les résolutions sur le VIH/sida ont été acceptées à l’unanimité. L’UMFR et ses sociétés membres, dans le cadre de leurs programmes respectifs, se sont ainsi engagées à faire tout ce qui est en leur mesure pour tenter d’assurer que les pouvoirs publics et la société respectent le plus possible la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida et ses objectifs connexes. L’UMFR souligne l’intérêt d’aborder cette endémie dans la perspective des droits de l’homme, en n’oubliant pas les facteurs actuels de discrimination sexuelle et l’exploitation qui font des femmes, des adolescentes et des fillettes les victimes les plus vulnérables de cette cruelle maladie. L’UMFR continuera de promouvoir la sensibilisation au VIH/sida, ainsi que la prévention, le traitement, les soins et le soutien qu’exige cette maladie; elle souligne également le besoin urgent de fournir les ressources nécessaires pour que tout le monde, y compris les populations rurales, ait accès à des établissements et services de consultation, de santé et de bien-être. Si l’on veut que « La voix des femmes rurales pour la sécurité mondiale » devienne réalité, un défi de taille se pose à nous, qu’il faut absolument relever. i- Rural Women and Food Security, UN FPA 2000 page 5 ii- Women & HIV/AIDS Prevention Report AWH 2000, page 13 INFORMATION · La pauvreté et l’inégalité entre les hommes et les femmes sont la cause de l’épidémie de VIH/sida. · La plupart des hommes, même pauvres, peuvent choisir quand avoir des relations sexuelles, avec qui et avec quelle protection. Or, il n’en va pas de même pour les femmes. · Plus de 13 millions d’enfants sont orphelins à cause du sida. Tous les ans, 600 000 enfants sont infectés par transmission de la mère à l’enfant. · Les pouvoirs publics doivent être conscients des effets néfastes du VIH/sida sur les efforts de développement. · Le sida a décimé les rangs des agriculteurs et des enseignants dans de nombreux pays africains. · L’escalade de cette infection pourrait être enrayée par des plans nationaux énergiques et par une participation de la collectivité. |
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