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    Journée Mondiale de la Femme Rurale 2004

    « La Biodiversité pour la Sécurité Alimentaire: les
    Agricultrices répondent présentes ! »

    RECOMMANDATIONS DES AGRICULTRICES

    Le terme de « biodiversité » ou « diversité biologique » regroupe l’ensemble des espèces végétales et animales utilisées par les populations pour leur survie.

    Agriculture et diversité biologique sont indissociables. La biodiversité est à la base de l’agriculture puisqu’elle lui apporte les plantes et animaux nécessaires à la production. Et l’agriculture est un élément crucial de la connaissance et de la préservation de la biodiversité.

    Protéger les nombreuses espèces existantes utilisées en agriculture, c’est contribuer à la sécurité alimentaire à long terme de la population mondiale en lui fournissant des produits variés, sains et nutritifs. En maintenant un large éventail de produits récoltables, la biodiversité favorise de plus une production en quantité suffisante pour nourrir les populations. Préserver la biodiversité, c’est aussi assurer aux agriculteurs des revenus réguliers tirés de produits diversifiés, cela dans le respect de l’environnement. Il est par conséquent vital pour l’espèce humaine d’assurer la conservation de la biodiversité et d’en promouvoir une gestion rationnelle et durable.

    Les agricultrices jouent un grand rôle dans la connaissance et la préservation de la biodiversité.

    * Au cours des siècles, les femmes rurales ont acquis des connaissances sur la plupart des espèces animales et végétales partageant leur quotidien. Elles ont bien souvent échangé, testé et amélioré ces espèces afin d’en tirer le meilleur profit (espèces plus résistantes, productives, nutritives, demandées sur le marché, etc.). Transmises de génération en génération, ces connaissances accumulées sont régulièrement enrichies par l’expérimentation (jardins gérés par les agricultrices), l’éducation (enseignement technique agricole pour adultes) et la recherche agricole institutionnelle (vulgarisation des découvertes auprès des agricultrices).

    * De plus, les agricultrices protègent les plantes et animaux produits localement, sélectionnent les différentes espèces en fonction des évolutions des conditions locales et gèrent les écosystèmes agricoles afin que le renouvellement des ressources puisse être assuré à long terme.

    Cette diversification des productions et cette adaptation des plantes et animaux aux conditions parfois difficiles de leur environnement sont deux outils de lutte contre la famine et la malnutrition.

    A l’heure actuelle, la biodiversité est en danger : la pauvreté des zones rurales accompagnée de la pression démographique mondiale engendrent une intensification de la production agricole, une recherche de revenus à court terme et une surexploitation des ressources naturelles. Les écosystèmes agricoles et naturels sont alors fragilisés par une exploitation non planifiée de l’environnement par les populations pauvres. Le nombre de variétés agricoles disponibles diminue au détriment d’un régime alimentaire équilibré.

    C’est pourquoi les agricultrices sont prêtes à poursuivre leurs efforts pour préserver la biodiversité de par le monde.

    Si l’on souhaite conserver les connaissances des agricultrices, il est indispensable de les soutenir dans leurs recommandations.

    * Le Traité international sur les ressources phytogénétiques pour l’alimentation et l’agriculture a récemment établi que les agriculteurs ont le « droit d’être rémunérés pour leur contribution à la préservation de la biodiversité. » (source FAO). Ce principe implique aussi le droit des agriculteurs de prendre part aux décisions, d’avoir un accès durable à la diversité biologique et de préserver leurs connaissances traditionnelles.

    Les agricultrices demandent à ne pas être oubliées : elles doivent être des cibles privilégiées des programmes et politiques naissant de ce Traité. Il est nécessaire de s’assurer des droits des femmes à utiliser les ressources que la biodiversité leur offre et de leurs droits à utiliser à long terme les ressources nées de leurs travaux d’expérimentation.

    * Les agricultrices sont prêtes à travailler avec les services de recherche agricole afin de les orienter sur leurs rôles et besoins, d’élaborer ensemble des priorités de travail, et de vulgariser les résultats de la recherche sur la préservation de la biodiversité.

    Les agricultrices sont prêtes à travailler au développement de projets de conservation de la biodiversité avec les acteurs de la recherche.

    * Les agricultrices sont prêtes à diffuser leurs connaissances de la biodiversité afin que leurs savoirs soient pris en compte dans les politiques du secteur agricole et de gestion de l’environnement. Un cadre politique favorable aux recommandations des agricultrices sur la gestion rationnelle et durable de la biodiversité doit être établi dans le but de conserver ces savoirs accumulés au cours de générations.

    * Les agricultrices sont prêtes à se professionnaliser pour utiliser la biodiversité plus efficacement et rationnellement et de développer des plans de commercialisation solides de leurs productions. Elles ont besoin de renforcer leurs capacités techniques et entrepreunariales par la mise en place de services d’éducation agricole.

    * Les agricultrices sont prêtes à participer à des campagnes de sensibilisation auprès du grand public pour encourager chaque citoyen à prendre conscience de la nécessité de la préservation de la biodiversité.

    * Les agricultrices sont prêtes à améliorer leur moyen de production pour contribuer à une meilleure gestion de la biodiversité. Cela requiert des financements nationaux et internationaux pour mettre en œuvre ce projet.

    Les agricultrices sont les gardiennes de la diversité biologique et jouent un rôle majeur dans la production agricole mondiale. La concrétisation de ces recommandations est indispensable pour assurer la sécurité alimentaire des populations tout en respectant l’équilibre des écosystèmes.