Origin

Events

Archive

Proclamations

    JOURNEE MONDIALE DE LA FEMME RURALE 2001

    “La Paix pour les Femmes Rurales pour atteindre la Sécurité alimentaire”

    Kampala, Ouganda, 15 – 17 octobre 2001

    Message de la Journée Mondiale de la Femme Rurale

    Par Hon. Victoria Kakoko-Sebagereka,

    Présidente du Comité permanent des femmes en agriculture de la FIPA

    Bienvenue à vous tous! Je suis certaine que vous allez apprécier votre séjour ici au cours de cet important événement annuel. Je salue tout spécialement ceux d’entre vous qui venez d’en dehors de l’Ouganda. Je vous souhaite chaleureusement la bienvenue à vous tous, j’espère que vous avez tous fait bon voyage et je puis vous assurer que nous ferons tout notre possible pour que votre séjour en Ouganda soit des plus mémorables. Mes chers collègues des zones rurales du pays, je suis sûre que vous allez profiter de ces trois journées de travail pour vous faire des amis et établir des réseaux, bienvenue à vous tous.

    C’est pour moi un immense plaisir de vous féliciter à l’occasion de la Journée mondiale de la femme rurale de cette année, célébrée tous les 15 octobre, et cette fois ci dans la Perle de l’Afrique.

    La Journée mondiale de la femme rurale a été instaurée à l’issue des discussions qui ont eu lieu à Beijing en 1995 entre les représentantes des agricultrices et des femmes rurales et d’autres organisations. La Fédération internationale des producteurs agricoles (FIPA) est l’une des organisations instigatrices de cet événement mondial et a joué un rôle majeur pour inciter à observer cette très importante journée.

    L’objet de cette célébration est de donner aux femmes rurales et à leurs organisations la possibilité de:

    · rehausser le profil de la femme rurale

    · sensibiliser à la fois les gouvernements et le public sur son rôle crucial mais qui reste encore, dans une large mesure, ignoré

    · Combattre les inégalités et préjugés envers les femmes rurales

    La Journée Mondiale de la Femme Rurale est un moyen pratique d’obtenir reconnaissance et appui pour les multiples rôles joués par les femmes rurales qui sont majoritairement des agricultrices et des petits entrepreneurs.

    Ce premier événement international organisé par la FIPA sur la problématique des femmes en agriculture est une importante opportunité pour les agricultrices d’échanger informations et points de vue sur des thèmes concernant toute personne vivant en zone rurale.

    Comme vous le savez peut-être, le thème de la journée de cette année est “La paix pour les femmes rurales pour atteindre la sécurité alimentaire ”, thème choisi par le Comité permanent des Femmes en Agriculture de la FIPA aux vues de la situation mondiale.

    La sécurité alimentaire peut se définir comme la situation dans laquelle toute la population jouit à tous moments d’une nourriture suffisante, sûre et de qualité pour satisfaire ses besoins nutritionnels et ses préférences alimentaires pour être en bonne santé et mener une vie active.

    La paix et la sécurité alimentaire sont inextricablement liées. Il ne peut y avoir de paix durable sans nourriture tout comme la production vivrière n’est pas possible sans instaurer d’abord un climat de paix.

    Les femmes rurales produisent plus de trois-quarts des produits alimentaires du monde. Dans les zones rurales du monde en développement où la production vivrière est l’activité principale, les femmes produisent jusqu’à 80 pour cent des vivres consommés par leur famille. Elles jouent donc un rôle crucial dans la lutte contre la pauvreté.

    En Afrique, des facteurs tels que les usages culturels, la pauvreté, les maladies, les conflits et l’instabilité, et plus spécifiquement les relations entres les sexes, sont des obstacles à la paix durable, et donc à la sécurité alimentaire sur le long terme.

    Ces facteurs ne sont pas propres à l’Afrique mais se retrouvent dans d’autres régions du monde en développement. Un phénomène qui n’est pas courant dans les pays développés – je suis sûre, mesdames, que nous aurons assez pour partager.

    La communauté mondiale doit assurer un accès équitable à ce qui est essentiel pour vivre – la nourriture, et doit en assurer une distribution équitable. La force d’une nation dépend de la force de sa population. Si des progrès considérables ont été faits dans la lutte contre la faim, le nombre de ceux qui, dans le monde, souffrent de malnutrition chronique et ne peuvent subvenir à leurs besoins énergétiques quotidiens reste d’un niveau inacceptable. A l’aube du troisième millénaire, se libérer de la faim reste une cible impossible à atteindre pour 820 millions de personnes, ce qui continue de saper le développement économique de nombreuses nations.

    Madame notre invitée d’honneur, Mesdames et messieurs, le combat pour la sécurité alimentaire ne peut être gagné que si la précieuse contribution des femmes est reconnue et si le contexte économique, politique et social leur permet d’exploiter leur potentiel en tant qu’agricultrices, actrices du développement et êtres humains.

    J’espère sincèrement que d’ici à la fin de cette conférence nous aurons élaboré des stratégies sur la meilleure manière de reconnaître le rôle de la femme rurale et améliorer durablement notre situation de par le monde.

    Les femmes en agriculture sont encore aujourd’hui confrontées à bon nombre d’inégalités en tant que femmes exploitantes : inégalité dans l’accès aux ressources et matières premières, inégalité dans l’accès à l’éducation, à la formation, à la vulgarisation, et par conséquent à la technologie, inégalité d’accès aux services facilitant leur travail quotidien, inégalité d’accès aux circuits de commercialisation, etc.

    Ces différences de traitement entre hommes et femmes impliquent des pénuries de moyens (capitaux et main d’œuvre) dans les exploitations dirigées par des femmes. Celles-ci doivent alors « faire avec les moyens du bord ». Or, ces adaptations peuvent avoir d’importantes répercussions : diminution des quantités produites qui entraîne une insécurité alimentaire, production de cultures à moindre valeur nutritionnelle, techniques de production affectant l’environnement, réduction des activités génératrices de revenus hors agriculture (appauvrissement familial).

    Ainsi, ces inégalités ne permettent aux femmes qu’au prix de très lourds efforts, d’assurer leur rôle fondamental pour la survie et la gestion de l’unité familiale, pour le bien-être des familles et des communautés.

    Sur le long terme, cela ne fait que contrer le développement socio-économique de la société en général, et de la femme en particulier. De plus, cela implique une remise en question de la paix : pauvreté, instabilité politique et conflits se trouvent indéniablement liés.

    Madame notre invitée d’honneur, chers invités, permettez moi à ce stade de remercier sincèrement la FIPA, pour avoir permis la tenue de cette célébration.

    La FIPA est une organisation internationale d’agriculteurs qui regroupe les organisations agricoles nationales. L’une des missions de la FIPA est de faire connaître le rôle des petits exploitants sur la scène mondiale, et de faire pression en leur faveur. Cette organisation s’efforce d’expliquer la situation difficile du petit paysan et de plaider en faveur de la mise en place de conditions favorables, une condition préalable au développement agricole. En Ouganda, l’UNFA et l’UCA sont des membres de la FIPA.

    Je souhaite aussi exprimer ma gratitude à Agriterra pour avoir financé la participation de tant d’agricultrices.

    La FIPA et Agriterra ont permis à l’UNFA et l’UCA d’acceuillir conjointement la Journée mondiale de la femme rurale 2001 ici en Ouganda et nous les remercions pour leur appui constant.

    Mesdames et messieurs, veillons à ce que promouvoir la paix pour atteindre la sécurité alimentaire ne devienne pas un simple slogan ! J’en appelle à tous ceux qui s’intéressent au développement de nos pays pour qu’ils jouent un rôle dans l’établissement de la paix en vue d’améliorer le sort de la femme rurale. Vous vous demandez sans doute qui est cette femme rurale. J’aimerais donc donner la parole à Mme Hilda Stewart, Présidente Mondiale de Associated Country Women of the World, autre organisation à l’origine de la Journée Mondiale de la Femme Rurale.

    Chères amies, Ceci est NOTRE journée, que cette journée reste mémorable !

    Je vous remercie de votre attention et donne la parole à Mme Stewart.